Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation juridique. En cas de situation de maltraitance avérée ou suspectée, contactez immédiatement le 3977 (numéro national) ou l’ARS de votre région.
Les 5 droits essentiels de votre proche en EHPAD
- Droit de visite quotidien garanti par la loi Bien vieillir 2024, sans informer l’établissement au préalable
- Liberté d’aller et venir dans et hors de l’établissement, sauf restriction médicale justifiée
- Respect de l’intimité : chambre considérée comme domicile privé, effets personnels conservés
- Consentement éclairé obligatoire pour tout soin ou décision le concernant
- Recours disponibles : dialogue, CVS, ARS, 3977 en cas de problème
Ce que la loi garantit vraiment aux résidents
Soyons clairs : entrer en EHPAD ne signifie pas perdre ses droits de citoyen. C’est pourtant ce que beaucoup de familles imaginent, faute d’information. Le cadre légal existe, il est solide, mais il reste méconnu.
Le texte fondateur, c’est la loi 2002-2 du 2 janvier 2002 qui a rénové l’action sociale et médico-sociale. Son article L311-3 pose le principe : l’exercice des droits et libertés individuels est garanti à toute personne prise en charge par un établissement. Ça paraît évident dit comme ça, mais dans la vraie vie, cette phrase a une portée considérable.
La charte des droits et libertés en bref
Rendue obligatoire par l’arrêté du 8 septembre 2003, cette charte officielle du ministère comprend 12 articles garantissant les droits fondamentaux : libre choix, consentement éclairé, respect de la dignité et de l’intimité, droit à l’information, participation aux décisions. Elle doit être affichée dans chaque établissement. Si vous ne la voyez pas : demandez-la.
La loi impose également la remise d’un livret d’accueil et d’un contrat de séjour dans le mois suivant l’admission. Dans mon accompagnement des familles en Île-de-France, je constate souvent qu’elles ne pensent pas à demander ce contrat AVANT la signature. Résultat : certaines découvrent trop tard des clauses limitant les horaires de visite ou prévoyant des suppléments pour des soins qu’elles pensaient inclus. Ce constat est limité à mon périmètre d’accompagnement, mais il illustre l’importance de tout lire avant de s’engager.
Plus récemment, la loi Bien vieillir du 8 avril 2024 a renforcé ces protections. Le droit de recevoir des visites chaque jour, sans prévenir l’établissement, est désormais inscrit dans le marbre. Pour les personnes en fin de vie ou nécessitant des soins palliatifs, ce droit est absolu.

Liberté, intimité, vie sociale : vos droits au quotidien
La théorie, c’est une chose. Ce qui se passe au quotidien, c’est autre chose. Voici les trois dimensions qui génèrent le plus de questions (et parfois de tensions) entre familles et établissements.
Aller et venir : ce que l’établissement peut (et ne peut pas) imposer
Le principe est simple : votre proche a le droit de circuler librement dans l’établissement et d’en sortir. Point. L’EHPAD n’est pas une prison, même si certains établissements semblent parfois l’oublier.
Maintenant, soyons honnêtes : des restrictions existent, et certaines sont légitimes. Une personne désorientée présentant un risque de fugue peut voir ses déplacements encadrés. Mais attention : cette restriction doit être justifiée médicalement, proportionnée, et inscrite au projet de soins. Si vous recherchez un établissement respectueux de ces équilibres, vous pouvez consulter les fiches détaillées des EHPAD à Noisy-le-Grand pour vérifier les conditions d’accueil avant toute décision.
Ce qui n’est jamais acceptable : fermer les portes à clé pour des raisons de commodité, empêcher les sorties sous prétexte de manque de personnel, ou confisquer les clés de chambre.
Vie privée et intimité : le résident reste chez lui
La chambre du résident est son domicile. Cette phrase, je la répète à chaque famille que j’accompagne. Le personnel doit frapper avant d’entrer. Les effets personnels peuvent être conservés (photos, radio, petit mobilier). L’aménagement de l’espace est un droit, dans la mesure du raisonnable.
J’ai accompagné Michel, un père de famille de Bobigny, qui cherchait un EHPAD pour sa mère. Quelques semaines après l’admission, elle se plaignait qu’on lui retirait ses affaires : photos de famille, petite radio qu’elle écoutait le soir. La direction évoquait des raisons de sécurité sans pouvoir les justifier. Après intervention du Conseil de la Vie Sociale, les objets ont été restitués. Mais la relation est restée tendue pendant plusieurs semaines. Les familles qui connaissent leurs droits obtiennent gain de cause, mais ça demande de l’énergie et de la persévérance.
Liens avec l’extérieur : visites, courrier, téléphone
Aux termes de la loi Bien vieillir 2024, le droit de visite quotidien est désormais garanti sans obligation de prévenir l’établissement. C’est un changement majeur. Le courrier doit être remis sans être ouvert. Le téléphone portable est un droit (même si le wifi peut être limité pour des raisons techniques).
Restrictions abusives : les signaux d’alerte
Certaines situations doivent immédiatement vous alerter : interdiction de visite sans justification médicale, confiscation du téléphone portable, ouverture du courrier, contention (attaches au fauteuil ou au lit) sans prescription médicale détaillée, ou isolement prolongé en chambre. Si vous constatez l’une de ces situations, passez à l’étape suivante.

Quand les droits ne sont pas respectés : comment réagir
J’ai accompagné Françoise, 62 ans, enseignante retraitée, dont la mère atteinte de la maladie d’Alzheimer était en EHPAD à Montreuil. L’établissement refusait les visites en dehors de créneaux horaires très stricts, invoquant le règlement intérieur. Françoise était désemparée : elle ne voulait pas être perçue comme une famille difficile, mais la situation lui semblait injuste. Après un courrier recommandé rappelant les dispositions légales, les horaires ont été élargis. Cette issue favorable n’est pas rare, mais elle suppose de connaître la bonne méthode.
Je recommande toujours de commencer par un échange oral calme avec la direction, avant tout courrier. Voici pourquoi : dans 7 cas sur 10 selon mon expérience, le problème vient d’un malentendu ou d’une méconnaissance de la loi par le personnel lui-même. Un rappel courtois suffit souvent.
Problème constaté : par où commencer ?
- Problème mineur ou premier constat :
Demandez un rendez-vous avec le cadre de santé ou la direction. Exposez les faits calmement, sans accusation. Notez la date et le contenu de l’échange.
- Problème persistant malgré le dialogue :
Envoyez un courrier recommandé à la direction en citant les articles de loi concernés. Saisissez parallèlement le Conseil de la Vie Sociale (CVS) de l’établissement.
- Problème grave ou absence de réponse :
Signalez à l’ARS (Agence Régionale de Santé) et appelez le 3977. L’ARS peut diligenter une inspection. Si la situation nécessite une action en justice, découvrez le métier d’avocat pour mieux comprendre son rôle dans ce type de recours.
- Situation de maltraitance avérée :
Contactez immédiatement le 3977 et le procureur de la République. La non-dénonciation de maltraitance est un délit passible de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.
Le dispositif de signalement Service-Public précise que tout signalement est transmis à l’ARS et au conseil départemental, qui peuvent procéder à des inspections inopinées. Les délais varient selon les départements, mais comptez entre 30 et 90 jours pour un retour après enquête.
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Constat du problème et premier échange oral -
Courrier recommandé si absence de réponse -
Saisine du CVS ou du médiateur -
Signalement ARS si absence de résolution -
Retour de l’ARS après enquête
Cas particulier : les droits sous tutelle ou curatelle
C’est une question que les familles me posent souvent, parfois avec une pointe de culpabilité : mon parent est sous tutelle, a-t-il encore des droits ? La réponse est oui, absolument.
La mesure de protection juridique encadre certains actes (gestion du patrimoine, décisions médicales lourdes), mais elle ne supprime pas les droits fondamentaux. Dignité, intimité, vie affective, liberté de culte : ces droits restent intacts. Le tuteur intervient pour les actes juridiques et financiers, pas pour la vie quotidienne.
Ce qui change concrètement sous tutelle
Le tuteur signe le contrat de séjour et gère les aspects financiers. Pour les décisions médicales importantes, son avis est sollicité. Mais le résident conserve le droit de vote, peut se marier (en informant son tuteur), et participe aux décisions qui le concernent dans la mesure de ses capacités. En cas de désaccord avec le tuteur sur une question touchant aux droits fondamentaux, le juge des contentieux de la protection peut être saisi.
La nuance importante : le consentement du résident reste recherché pour tous les actes de la vie courante. Si votre proche exprime un refus clair (même sous tutelle), ce refus doit être entendu et pris en compte, sauf urgence médicale vitale.
Vos questions sur les droits en EHPAD
L’EHPAD peut-il limiter les horaires de visite ?
Non, plus depuis la loi Bien vieillir d’avril 2024. Le droit de visite quotidien est garanti sans obligation de prévenir l’établissement. Seules des circonstances exceptionnelles (épidémie, soins en cours) peuvent justifier des aménagements temporaires et proportionnés.
Mon proche peut-il garder son téléphone portable ?
Oui. Le droit à la communication avec l’extérieur est un droit fondamental. L’établissement ne peut pas confisquer un téléphone. Si votre proche a des difficultés à l’utiliser, des solutions d’accompagnement existent (téléphone simplifié, aide du personnel).
Un résident peut-il sortir seul de l’EHPAD ?
En principe, oui. La liberté d’aller et venir est garantie. Une restriction n’est acceptable que si elle est justifiée par l’état de santé (risque de chute grave, désorientation), inscrite au projet de soins, et proportionnée. Un résident autonome ne peut pas être empêché de sortir.
Mon parent peut-il refuser un soin ?
Oui. Le consentement éclairé est un droit fondamental. Sauf urgence vitale, aucun soin ne peut être imposé. Le refus doit être documenté et le résident informé des conséquences. Si le refus semble lié à une incompréhension, un échange avec le médecin coordonnateur peut aider.
Les droits sont-ils différents dans un EHPAD public ou privé ?
Non. Les droits fondamentaux garantis par la loi 2002-2 et la charte des droits s’appliquent à tous les établissements, quel que soit leur statut juridique. Les différences concernent la tarification et l’organisation interne, pas les droits des résidents.
Et maintenant ? Vos prochaines étapes
- Demandez le contrat de séjour et la charte des droits si vous ne les avez pas
- Notez par écrit tout incident ou restriction qui vous semble injustifiée
- Identifiez le représentant des familles au CVS : c’est votre premier relais
- Gardez le 3977 dans vos contacts, au cas où
Connaître les droits de votre proche ne fait pas de vous un parent difficile. Ça fait de vous un proche vigilant, et c’est exactement ce dont les résidents ont besoin.
Précisions sur vos droits et recours
Ce contenu présente le cadre légal général. Chaque établissement peut avoir des règlements intérieurs spécifiques. Les droits des personnes sous mesure de protection (tutelle, curatelle) sont encadrés différemment : consultez le tuteur ou le juge des tutelles. Les procédures de signalement peuvent varier selon les départements. Pour toute situation complexe, contactez l’ARS de votre région, le Défenseur des droits (3928), ou un avocat spécialisé en droit des personnes âgées.
